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mercredi 1 janvier 2014

Les combattants du feu, tome 3: Flamme secrète - Jo Davis





Julian eut alors la sensation de se mettre entièrement à nu et de déposer les armes devant elle, comme il n’avait jamais été tenté de le faire avec aucune femme avant de la connaître. 
Grace. Unique, adorable et fuyante. Celle qui était faite pour lui.












Les combattants du feu 
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Julian Salvatore n’a plus à prouver qu’il est un grand séducteur mais courir ainsi après les femmes est peut-être aussi un moyen d’oublier les passages
douloureux de son passé. Et puis, il va rencontrer la très belle Grace McKenna, une superbe reine des glaces qui est plus que désireuse de partager son lit mais dont il ne semble pas atteindre le coeur.

Alors que Julian et Grace commencent à baisser leur garde, une série d’horribles meurtres ensanglantent Nashville et Julian est pris pour cible par un tueur. Alors que le pompier commence à faire face à ses démons, Grace et lui doivent découvrir la terrible vérité ou devenir les prochaines victimes.





Grace l’embrassa. Tout doucement, pour commencer, parce que c’était tout ce qu’elle avait trouvé pour le détourner de ses angoisses. Plus ardemment ensuite, car elle fut incapable de s’en empêcher.
Elle avait besoin du goût de ses lèvres, de la saveur de sa bouche. Julian répondit spontanément. Il enfouit une main dans sa chevelure et prit les rênes de ce baiser. La femme qu’était Grace fut bouleversée par cette passation de pouvoir, alors que la fière avocate en frémit d’effroi. Mais cette dernière avait-elle ressenti quelque chose d’aussi délicieux que la caresse des mains de Julian dans son dos ? Avait-elle jamais connu un homme au parfum viril et entêtant, dont le corps puissant s’adaptait parfaitement au sien ? Des doigts hésitants s’immiscèrent sous sa tunique, remontèrent le long de ses flancs, s’aventurèrent plus haut encore, inquisiteurs… Ils effleurèrent le galbe de sa poitrine, et Grace se cambra sous cette délicieuse caresse.
— Julian…
L’avocate s’avoua vaincue lorsque ses doigts pincèrent son mamelon à travers la soie du soutien-gorge, déclenchant d’infimes décharges électriques dans toutes ses terminaisons nerveuses. Elle déglutit malgré elle quand il le fit rouler entre le pouce et l’index au point de lui faire un peu mal, annihilant toute résistance.


Il mordilla délicatement sa gorge et souleva sa tunique, tout en infligeant le même traitement à l’autre mamelon.
— Dis-moi ce que tu veux, Grace.
Que voulait-elle ? Son esprit ne put formuler qu’un seul mot.
— Encore.
Le rire de gorge de Julian l’électrisa.
— Tout ce que tu veux, bella…
Il fit lentement passer sa tunique par-dessus sa tête et la laissa tomber par terre. Son soutien-gorge subit le même sort, Julian ayant glissé les mains derrière son dos pour le dégrafer avant d’en faire glisser les bretelles sur ses bras. L’action conjuguée de la fraîcheur de l’air et de son regard ardent durcit ses pointes de seins.
— Tu es encore plus belle que je l’imaginais, dit-il sur un ton émerveillé.
Il pencha la tête et gratifia l’une d’elles d’un rapide coup de langue. Grace enfouit les doigts dans ses cheveux en se demandant qui, de lui ou d’elle, assumait les commandes, désormais. Et si c’était important. Julian semblait aussi passionné qu’elle. Sa bouche passait alternativement d’un mamelon à l’autre. Le corps de Grace se contorsionna comme si elle cherchait un soulagement à la douleur qui s’était emparée de son entrejambe.
Il releva la tête et la couva d’un regard sombre, ardent, tandis que sa main glissait vers le bouton de son jean.
— Encore ?
— Oui, Julian, je t’en supplie.
Il ne perdit pas de temps à le déloger de sa boutonnière, à baisser la fermeture et à le faire passer en même temps que sa culotte par-dessus ses hanches, mais ne précipita pas non plus l’opération. Chacun de ses mouvements semblait aller de soi et s’enchaînait aux autres comme dans une chorégraphie réglée à la perfection. Quand il passa les bras sous ses genoux pour lui faire écarter les cuisses, Grace ne put s’empêcher de se féliciter secrètement d’avoir songé à s’épiler les jambes ce matin-là. Pourquoi pensait-elle à des choses aussi triviales dans un moment pareil ?
— Approche-toi de moi au maximum, que je puisse bien te savourer,querida, murmura-t-il.
Il embrassa son ventre avant que ses mains prennent le relais. Ses doigts effleurèrent les boucles blond pâle de son sexe avant de s’immiscer le long de sa fente. Leur contact enflamma sa vulve d’un feu qui se propagea dans tous ses membres. Elle gémit et ses genoux s’écartèrent, l’invitant à prendre ce qu’il voulait.
Julian chuchota un délicieux compliment qu’elle entendit, mais dont elle ne retint que le sens. Il la trouvait belle.
Sa langue remplaça ses doigts et lécha les replis de son sexe. Une langue chaude, humide et délicieusement experte qui la caressait là où elle en avait envie, qui agaçait son clitoris et en encerclait la perle de chair au point de la rendre folle.
Comme s’il devinait qu’elle était au bord de l’orgasme, il changea de tactique, fit passer ses mains sous ses fesses et la força à se rapprocher de sa bouche pour mieux la dévorer. Sa langue plongea profondément en elle, aussi dure qu’un sexe en érection, et se mit à aller et venir.
Frémissante de partout, Grace s’agrippa à ses cheveux pour l’inciter à approfondir ces exquises caresses, se livrant totalement à lui.
— Oh ! Oh, mon Dieu, oui ! Je veux… Fais-moi…
— Dis-moi.
Long coup de langue vicieux.
— Dis-moi ce que tu veux.
— Je… Continue !
— Qu’est-ce que tu veux que je continue ? Dis-le.
— Mange-moi ! cria-t-elle en plaquant sa tête contre elle.
Julian obéit avec enthousiasme, plaquant ses lèvres autour de son clitoris
pour le sucer avidement, tel un homme savourant l’ultime dessert de sa vie, s’ingéniant à accroître son excitation pour la faire basculer dans le plaisir…
Grace finit par céder, tremblant de tous ses membres. Ses hanches se soulevaient frénétiquement, de longs cris s’échappaient de ses lèvres sans qu’elle se soucie de ce que ses voisins risquaient de penser s’ils l’entendaient. L’orgasme se prolongea encore et encore jusqu’à ce qu’elle se laisse aller, merveilleusement alanguie, comblée.
Et affreusement vulnérable. Grace venait de s’offrir à cet homme avec une liberté qu’elle ne s’était jamais autorisée. Elle secoua la tête pour se débarrasser de cette idée dérangeante.
— Ça ne t’a pas plu ?
Elle affronta son regard franc.
— Tu plaisantes ? Je crois bien que je me suis désintégrée.
— Ah, dit-il avec un grand sourire satisfait. Alors c’est une victoire.
— Totale, assura-t-elle en écartant quelques mèches de cheveux du visage de Julian. Tu mérites un prix d’excellence. Mais toi ? J’aimerais beaucoup te rendre la faveur que tu viens de me faire.
Une expression étrange passa sur son visage, mais disparut aussi vite qu’elle était apparue.
— Non, bella. J’ai fait ça pour toi, répliqua-t-il tendrement. Parce que j’en avais envie, pas parce que j’attendais quelque chose en retour.
— Mais…
— Chuuut, tout va bien, dit-il en se penchant pour ramasser sa tunique.
Il la lui tendit. Grace la prit et l’enfila, plus perplexe que jamais. Depuis quand un amant ne s’attend-il pas à des attentions réciproques ?
Pourquoi Julian s’obstinait-il à se montrer si galant ?
Il ressemblait de moins en moins à l’image qu’elle s’était faite de lui. Il se révélait même l’inverse de ce qu’elle avait imaginé. Jamais encore Grace ne s’était sentie aussi déstabilisée par un homme… et elle n’était pas certaine d’aimer cela.
Elle enfila son jean, ne sachant absolument pas quoi dire. « Mon Dieu, quel orgasme fabuleux ! Je te ressers un café ? »
— Merci, fit-elle en se sentant parfaitement ridicule.
— Je suis à ton entière disposition, répondit-il en souriant.
— Tu le penses vraiment, n’est-ce pas ?
Son sourire s’adoucit et son regard se fit très tendre lorsqu’il posa les mains sur ses épaules.
— Je pense toujours ce que je dis.
— C’est la première fois qu’un homme fait passer mes désirs avant les siens, murmura-t-elle en rougissant.
Qu’est-ce qui lui prenait d’avouer ça ?
— Je te ferai toujours passer avant moi, Grace. Quelle que soit l’évolution de notre relation.
— C’est ce que tu souhaites ? Une relation ?
Grace sentit son ventre se nouer. Était-il possible qu’elle représente pour lui autre chose qu’un défi ? Autre chose qu’une proie dont la conquête l’avait intéressé parce qu’elle avait longtemps résisté ?
— Après tous ces mois d’attente, comment peux-tu ignorer la réponse à cette question ? répliqua-t-il en rivant sur elle un regard qu’elle ne lui avait encore jamais vu. La suite ne tient qu’à toi, Grace. Je ne chercherai pas à précipiter les choses ; tu m’as dit que tu voulais que nous soyons amis, et je crois que c’est le cas. À toi de décider si tu souhaites autre chose. Je tiens à toi à ce point-là, Grace.
Ces mots, prononcés d’un ton sincère, la touchèrent profondément. Une fois de plus, la vision qu’elle avait de lui s’en trouva bouleversée.
— Je… ne sais pas quoi dire.
Elle se rapprocha de lui et leurs doigts s’entremêlèrent spontanément.
— Merci, ajouta-t-elle. Et… tu as raison, nous sommes amis. J’aime t’avoir près de moi. Beaucoup.
Grace savait que Julian espérait une sorte de déclaration de sa part quant à l’évolution de leur relation, mais elle en fut incapable. La sensation, aussi nouvelle qu’étrange, qui étreignait sa poitrine la déboussolait complètement. L’effrayait, même.
Si Julian fut déçu, il n’en laissa rien paraître, se contentant de porter sa main à ses lèvres.
— Moi aussi. Tu illumines ma journée chaque fois que je te vois.
Grace sentit la gangue protectrice autour de son cœur se fissurer.
— C’est la chose la plus gentille qu’un homme m’ait jamais dite.
— Autant t’y habituer tout de suite, répondit-il d’une voix rauque.
Il libéra sa main et se dirigea vers la porte, comme s’il préférait prendre la fuite tant qu’il disposait encore d’un léger avantage.
— Ça tient toujours pour ce dîner, demain soir ?
— Bien sûr, répliqua-t-elle, le cœur serré à l’idée de le voir partir. Je ne manquerais ça pour rien au monde.
Julian sourit et une mèche de cheveux bruns retomba devant ses yeux, lui donnant un air diaboliquement sexy. Il était de bien meilleure humeur qu’à son arrivée, cela ne faisait aucun doute.
— Moi non plus, bella. Je passerai te prendre à sept heures.
— Je serai prête.
— Et… Grace ?
— Oui ?
— À propos de ce que je t’ai dit… merci de m’avoir écouté.
— Tu peux toujours compter sur moi pour ça.
Il hocha la tête et s’éclipsa en quelques secondes, laissant un grand vide derrière lui. Il n’avait même pas touché à son café.





Lorsque Grace s’éveilla le lendemain matin, elle se sentit merveilleusement reposée, puis perçut une voix masculine qui susurrait des mots doux en espagnol à son sein gauche. À son sein gauche ?

Elle ouvrit un œil, et un sourire paresseux incurva ses lèvres. Elle n’avait pas rêvé. Son insatiable latin lover s’extasiait sur son sein. Il versait quelques gouttes de liquide brun d’un verre à liqueur sur la pointe érigée de son sein gauche, puis le léchait, tel un chat lapant un bol de crème.
— Mmm, fit-elle en s’étirant langoureusement avant d’enfouir les doigts dans sa chevelure brune. Qu’est-ce que tu fais ?
Julian sourit comme un démon malicieux.
— Un Buttery Nipples. Le type qui a inventé ce truc-là est un génie !
— Je ne crois pas que boire de l’alcool – hou ! – au petit déjeuner soit vraiment une bonne idée, Julian, répondit-elle en riant et en essayant d’échapper à sa langue vorace. Julian l’immobilisa fermement et mordilla son mamelon.
— Je me contente de rehausser la saveur divine de tes seins d’un soupçon d’alcool, ça n’a rien à voir !
— Mais…
— Chuuut, bella, laisse-moi jouer.
Julian se révéla effectivement très joueur.
Il renversa quelques gouttes de liqueur sur son buste et en suivit les coulures de la pointe de la langue. Une lueur diabolique dans ses yeux sombres, il en remplit son nombril et en aspira le contenu. Mais quand il écarta ses cuisses, cala le creux de ses genoux sur ses épaules et plaça le verre au-dessus de son sexe, Grace ne put réprimer un glapissement horrifié.
— Non, Julian ! Tu ne vas pas faire ça !
Si. Le liquide tiède baigna sa fente lorsqu’il vida le verre au-dessus d’elle. Il le posa par terre, puis approcha sa bouche délicieusement chaude de son sexe et le lécha. Une fois qu’il eut nettoyé ses lèvres, sa langue s’attarda sur son clitoris, déclenchant des frissons d’extase dans toutes ses terminaisons nerveuses. Il y prenait visiblement beaucoup de plaisir. Grace se sentit fondre et s’ouvrit à lui comme elle l’avait fait la veille.
Elle le laissa prendre les commandes. Comme elle ne l’avait encore jamais fait avec aucun homme.
— Oui ! Oh oui, Julian, je t’en supplie…
Cette fois, il ne l’obligea pas à le supplier longtemps, et Grace eut vaguement conscience de le sentir tâtonner à la recherche d’un préservatif.
Il la pénétra d’une lente poussée et la recouvrit entièrement de son corps. La serra dans ses bras comme s’il cherchait à la protéger pendant qu’il lui faisait l’amour.
Oui, c’était cela qu’il faisait. Il lui faisait l’amour. La veille, il s’était appliqué à dévoiler le côté sauvage de Grace, mais cette fois, il lui montrait ses émotions et son attachement. Aucun homme ne s’était ainsi offert à elle sans qu’elle ait promis quoi que ce soit en retour. Elle contempla son beau visage et apprécia de sentir ses muscles jouer sous ses doigts alors que son crucifix en or se balançait au-dessus de ses seins. Leurs regards se croisèrent et restèrent rivés l’un à l’autre, décuplant leur excitation.
Le corps de Julian se raidit et ses lèvres s’entrouvrirent tandis que le mouvement de ses hanches rythmait son orgasme. Son soulagement déclencha celui de Grace. Elle s’appliqua à le rejoindre pour chevaucher glorieusement avec lui les vagues du plaisir jusqu’à ce qu’ils atterrissent ensemble sur un petit nuage, comblés.
— Merci, bella, dit-il en déposant un baiser sur sa tempe, avant de se retirer et de rouler sur le dos en l’attirant contre lui.
Ils demeurèrent un moment silencieux, goûtant le bonheur d’être ensemble, appréciant l’évolution de leur relation.
Telles furent du moins les considérations qui traversèrent l’esprit de Grace. Julian, lui, pour autant qu’elle sache, songeait peut-être à ses anciennes conquêtes ou tâchait de deviner le temps qu’il allait faire ce jour-là. Elle releva la tête et lui découvrit une expression sérieuse, un léger pli barrant son front.
— À quoi penses-tu ?
— À rien que j’aie envie de partager avec toi au risque de briser la magie de l’instant, répondit-il en caressant ses cheveux.





Il ne lui fallut pas deux secondes pour se défaire de ses chaussures, de son pantalon et de son caleçon. Il caressa nonchalamment son dos et ses fesses, l’extérieur de ses cuisses, puis s’accroupit entre ses jambes, soucieux de lui faire du bien avant de la posséder comme une bête.
Il fit courir la pointe de sa langue sur sa fente et sentit sa verge palpiter délicieusement quand il l’entendit gémir. Il savourait sa chair, l’excitant savamment.
— Mmm… Qu’est-ce que tu es belle ! À qui appartient cette petite fente toute moite ?
— À… À toi !
— C’est bien.
Il écarta délicatement ses lèvres et plongea la langue en elle aussi loin que possible, lui tirant des gémissements de plus en plus affamés. Il poursuivit ce petit jeu de séduction un moment, puis changea de tactique. Encerclant son clitoris de ses lèvres, il suça avidement la perle de chair durcie jusqu’à ce qu’elle se tortille irrépressiblement, ses gémissements cédant la place à de petits cris éperdus.
Avant qu’elle ne bascule complètement dans l’ivresse des sens, il se redressa. Son sexe pointant glorieusement vers sa cible, il se plaça entre ses jambes et saisit ses hanches. Il cala l’extrémité de son membre devant sa petite fente rose qu’il agaça en n’y insérant que son gland pour le retirer aussitôt, encore et encore.
— Je t’en supplie, Julian…
Avec un grognement, il la posséda d’une seule poussée, bien à fond.
— Tu es à moi.
— Oui ! Je suis à toi. Je voudrais…
— Rien qu’à moi. Personne d’autre n’a le droit de venir là. Jamais.
Grace plaqua ses fesses au creux de son aine.
— Oui ! Rien que toi, seulement toi, Julian.
Il entreprit un mouvement de va-et-vient, chacune de ses poussées échauffant le sang qui coulait dans ses veines. Il la pistonnait de plus en plus rapidement, animé d’une véritable frénésie, glissant aisément dans sa fente, la flamme du désir se répandant dans tous ses membres.
Ses testicules se contractèrent. Le feu le consumait.
Quand il cria son nom, il sentit le sexe de Grace palpiter convulsivement autour de sa verge, et il explosa. Il se répandit longuement en elle, comme s’il lui faisait don de l’essence même de son être.
— Je t’aime, râla-t-il. Dios mio, je t’aime…
Julian eut alors la sensation de se mettre entièrement à nu et de déposer les armes devant elle, comme il n’avait jamais été tenté de le faire avec aucune femme avant de la connaître. Grace. Unique, adorable et fuyante. Celle qui était faite pour lui.
C’était désormais officiel. Julian était à tout jamais perdu pour toutes les autres femmes. Il déposa un chemin de petits baisers le long de son dos et massa ses épaules. Murmura à son oreille des mots doux en espagnol qu’il n’avait prononcés pour personne, où il était question d’avenir et de rêves partagés. De ce terrain et de son espoir de la voir un jour y projeter leur avenir commun.
Dans quarante ans, ils seraient tous deux assis sur le porche de leur maison, main dans la main, et ils évoqueraient en souriant le jour où il l’avait prise sur le capot de sa voiture, ainsi que toutes les fois où ils avaient renouvelé cet exploit au bord du lac, aussi fougueusement qu’aux premiers jours de leur amour.
Il se retira doucement, mettant l’énergie du désespoir à étouffer l’affreuse et soudaine douleur qui lui broyait le cœur.
Il savait que Grace avait entendu sa déclaration d’amour.
Mais elle n’y fit pas une seule fois allusion sur le chemin du retour – et n’y répondit pas.





— Je te suis très reconnaissante d’être venu me retrouver dès que je t’ai appelé, tout à l’heure. La conversation que j’avais surprise entre Warren et son fils m’a causé un choc.
— C’est parfaitement naturel, répliqua-t-il d’une voix tendue. Les gens qui éprouvent des sentiments réciproques ne s’attendent pas à de la reconnaissance.
D’accord.
— Les gens qui éprouvent des sentiments réciproques expriment aussi ce qu’ils ressentent. J’ai été profondément touchée que tu abandonnes tout pour te précipiter auprès de moi.
Il ne répondit pas. Il devait mentalement la traiter de petite garce capricieuse. Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Elle était en train de tomber amoureuse de lui, de toute façon.
Le problème, c’est qu’elle ne voulait pas tomber amoureuse de lui.
Une fois chez elle, Julian s’apprêtait à emmener son sac dans la chambre lorsqu’il se figea sur place.
— Je ne voudrais pas présumer de la situation. Suis-je censé dormir dans ta chambre ?
Aïe. Le coup avait porté. Sa question la blessa.
— Seulement si tu le désires.
Il ne bougea pas d’un pouce, lui faisant clairement comprendre que cela ne suffisait pas.
— Oui, je veux que tu dormes avec moi.
Il hocha la tête et alla poser son sac dans la chambre. Quand il revint, il désigna la pièce qui lui tenait lieu de bureau.
— Tu permets que j’utilise ton ordinateur ?
Ce qui, en code masculin, signifiait : « J’aimerais me cacher pendant quelques heures. »
— Bien sûr, je t’en prie.




Grace repéra Julian, nonchalamment appuyé contre le flanc de l’ambulance, les mains dans les poches. Leurs regards se croisèrent, et elle frémit en découvrant à quel point le sien paraissait lointain et vide.
Comme si elle était devenue une étrangère. Comme s’il ne l’avait pas possédée sur le capot de sa Porsche en pleine nature.
— Salut, dit-elle avec un sourire hésitant.
Kat était entrée dans la caserne, suivie par le reste de l’équipe, mais Julian ne bougea pas. Il hocha la tête.
— Salut. Ça va ?
Grace sortit aussitôt l’artillerie lourde.
— Si tu t’étais donné la peine de répondre aux cinq messages que je t’ai laissés, tu le saurais.
Ah. Une lueur d’intérêt. Vite réprimée, mais Grace avait eu le temps de l’apercevoir.
— J’étais occupé.
— À te conduire en lâche.
Il s’écarta de l’ambulance et se redressa.
— J’ai fait ce qui valait mieux pour toi. Tu peux me traiter de ce que tu voudras.
— Lâche.
— Grace.
Elle marcha droit sur lui et posa sa main valide sur son torse.
— Les pompiers en uniforme, ça m’a toujours excitée.
— Qu’est-ce que tu fais, Grace ? s’enquit-il en écarquillant les yeux.
— Si tu as besoin de le demander, c’est que tu es encore plus barré que je ne le pensais.
Elle plaqua la main sur sa nuque, l’attira vers elle et l’embrassa. Son hésitation dura à peine une fraction de seconde, puis il céda, l’enlaça et inséra sa langue entre ses lèvres. Il avait tellement bon goût et sentait délicieusement. Un parfum viril et épicé. Le parfum de son homme à elle.
Il rompit leur baiser et la dévisagea comme s’il était à l’agonie.
— Pourquoi me fais-tu cela, Grace ?
— Parce que tu ne m’as pas demandé ce que je voulais.
Elle marqua une pause et en appela à toutes les émotions qu’il lui inspirait.
— Tu m’as laissée sur mon lit d’hôpital, toute seule et malheureuse par ta faute. Tu t’es constitué juge et partie, et tu as pris sur toi tout le blâme de ce qui s’est passé. Tu as décidé que tu savais ce que je voulais et ce qui était bon pour moi, sans prendre la peine de me le demander !
— Je te l’avais demandé, avant, rétorqua-t-il d’une voix rauque. Tu ne savais pas ce que tu voulais.
— Redemande-le-moi.
— Qu’est-ce que tu attends de moi, bella ?
Elle leva la tête vers lui et formula suavement sa réponse.
— Je ne veux aucun autre homme que toi. Je veux passer le restant de mes jours avec toi. Julian Salvatore… je t’aime. De tout mon cœur.
Julian laissa échapper un bruit étranglé, passa les bras autour de sa taille et l’attira contre lui. Grace sentit son cœur battre follement contre sa poitrine et se blottit dans la chaleur de son étreinte.
— Redis-le.
— Je t’aime. Je n’aime que toi.
— Oh, Grace. Dios, tu m’as affreusement manqué.
— Toi aussi, tu m’as manqué. Ne t’avise jamais de refaire un truc comme ça, c’est clair ? Quoi qu’il advienne, on l’affrontera toujours ensemble. Tu t’y engages ?
— Je m’y engage solennellement, Grace, dit-il en prenant son visage dans ses mains. Je t’aime aussi.