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jeudi 20 avril 2017

The Curse, tome 1 : The Curse de Marie Rutkoski

Éditeur : Lumen
Sortie : 16 février 2017
464 p ages




Gagner peut être la pire des malédictions...










Fille du plus célèbre général d'un empire conquérant, Kestrel n'a que deux choix devant elle : s'enrôler dans l'armée ou se marier. Mais à dix-sept ans à peine, elle n'est pas prête à se fermer ainsi tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kestrel vient de succomber à la " malédiction du vainqueur " : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l'objet de sa convoitise.

Elle ignore encore qu'elle est loin, bien loin, d'avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l'esclave, Arin, et comprend qu'il n'est pas qui il paraît... Mais ce qu'elle soupçonne n'est qu'une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.

Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l'imagination d'une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple.




Régulièrement classée dans les listes des best-sellers du New York Times, Marie Rutkoski entame avec The Curse sa troisième série – toutes trois multi-récompensées, notamment par le Bank Street Best Children's Book of the Year, un prix centenaire. Née dans la banlieue de Chicago, l'aînée de quatre enfants, elle a suivi les cours de creative writing du prix Pulitzer James Alan McPherson à l'université de l'Iowa. Elle a ensuite vécu à Moscou et à Prague. Après une thèse à l'université de Harvard, elle y a donné des cours de littérature anglo américaine et d'histoire. Spécialiste de Shakespeare, elle est actuellement professeur au Brooklyn College, où elle enseigne trois domaines : le théâtre à la Renaissance, la littérature jeunesse et l'écriture. Elle vit à New York avec son mari et ses deux enfants.



Lecture finie

Alors je vais vous proposer un avis de Normande …
...que je ne suis pas.


C'est à dire que je serais incapable de vous dire si ce livre m'a plu et si je peux vous le conseiller.
C'est à dire qu'il a de nombreux points positifs mais il a aussi des éléments qui m'ont déplu.

On commence par lesquels ?

On va commencer par ce qui fâche pour finir sur une bonne note.
Le gros point faible est le rythme irrégulier du livre. Il ne vous permettra pas d'apprécier cette histoire sur toute la longueur. Il faut beaucoup (trop) de temps pour que tout s'installe.

Kestrel est le personnage principal. C'est une jeune femme qui est née du bon côté de la barrière. Dans cet univers fantasy, elle est une privilégiée. L'auteur va jouer sur cet élément lors de sa rencontre avec le héros. Arin est un esclave qu'elle s'offre sur un coup de tête. Il est son exact opposé en apparence. Dans un premier temps, il n'y a rien d'amoureux même si le jeune homme n'a rien de déplaisant au regard.

Voilà, on a nos deux personnages principaux mais j'ai eu du mal à les cerner. D'abord eux et ensuite leur relation. La relation qu'ils créent tarde à se mettre en place et j'ai longtemps eu l'impression, le sentiment de quelque chose de superficielle pendant une bonne partie du livre.
J'ai trouvé qu'ils manquaient de charisme. Peut-être que cela découle de la lenteur de la mise en place de leur relation...
Le lecteur comprend très vite que ce couple atypique va forcément rencontrer des obstacles à la hauteur de leur relation contre nature. J'attendais un faux d'artifices : cela n'a pas été le cas.

Pour tout vous dire, je me suis ennuyée sur une bonne moitié du livre. J'ai même pensé à abandonner ma lecture, j'ai quand même persévéré et grand bien m'en a pris car le derniers tiers est vraiment très bon.

On a l'impression que le récit prend un coup de fouet. Tout s'accélère au niveau de l'histoire, des relations entre les protagonistes. Ça y est, à partir de ce moment j'ai été scotché à ma lecture et la fin est tout bonnement excellente.
Il y a des rebondissements que je n'ai pas vu venir. Les personnages ont une couleurs très fortes comparé au début et ça ... pétarade !

J'ai refermé mon livre et je me suis jetée sur le net pour connaître la date de sortie du tome 2. La fin est géniale et appelle forcément le lecteur à connaître la suite des aventures d'Arin et Kestrel.

Bref, à partir de là, c'est à vous à de voir si le récit vous tente assez et si vous aurez plus de patience que moi pour rentrer dans l'histoire.

Autres points secondaires mais qui est important pour moi parce c'est ce qui m'a décidé à l'acheter entre plusieurs livres. C'est sa couverture qui est magnifique. Il en fait un livre que je ne regrette pas d'avoir acheté malgré tout.



Kestrel entrouvrit les lèvres. Ce n’était pas un rêve. Et pourtant, la réalité était loin d’être simple. Il sentait la fumée de feu de bois et le sucre. La douceur sous la brûlure. Sa bouche avait le goût du miel qu’il avait léché sur ses doigts quelques minutes plus tôt. Le cœur de la jeune fille s’emballa, et ce fut elle qui sombra avec avidité dans leur étreinte, elle qui glissa un genou entre les jambes d’Arin, dont le souffle devint irrégulier. Le baiser se fit profond. Le jeune homme la souleva pour l’asseoir sur la table afin que leurs deux visages se retrouvent à la même hauteur. On eût dit que des mots flottaient dans l’air autour d’eux, comme d’invisibles créatures bourdonnantes venues se frotter contre leur peau. Ils les poussaient, les titillaient et les harcelaient.
Dis-lui, disaient-ils.
Dis-lui, répondait le baiser.
Kestrel avait l’amour sur le bout de la langue. Mais elle ne pouvait pas l’avouer. Comment aurait-elle pu le dire après tout ce qui s’était passé, tout ce qui les séparait, après les cinquante deniers placés dans la main du marchand d’esclaves, après ces heures passées à se demander comment ce serait d’accompagner la voix d’Arin au piano, après ce lien autour de ses poignets et le craquement de son genou qui cédait sous une botte, après la confession d’Arin dans la calèche le soir du bal du solstice d’hiver.
Une confession en apparence, mais qui n’en était pas une. Il ne lui avait rien dit du plan. Et même s’il en avait parlé, il aurait de toute façon été trop tard, car tous les événements jouaient en sa faveur.
Kestrel se souvint de la promesse faite à Jess.
Si elle ne quittait pas cette maison sur-le-champ, elle trahirait sa parole. Elle allait se donner à un homme dont le baiser, le soir du bal, l’avait poussée à croire qu’elle était tout ce qu’il désirait, alors qu’il espérait en secret renverser le monde pour se retrouver tout en haut et la placer, elle, au bas de l’échelle.
Kestrel s’écarta.
Arin s’excusait. Le visage en feu et la bouche rougie, il lui demandait quelle erreur il avait commise. Il bafouillait, il disait qu’il était sans doute trop tôt, mais qu’ils pourraient construire une vie dans cette demeure. Ensemble.
— Mon âme t’appartient, dit-il. Tu le sais.
Elle leva la main autant pour occulter son visage que pour mettre fin à sa déclaration.
Puis elle sortit de la cuisine.
Elle dut faire appel à toute sa fierté pour ne partir en courant.

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