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vendredi 26 août 2016

La Déferlante, tome 1 de Michael Buckley

        
    Éditeur : PKJ
Sortie :7 avril 2016
384 pages





-Je ne trouve plus nos rendez-vous aussi pénibles qu'avant, me confie Fathom pendant que nous jouissons d'un peu d'intimité.
- Une fois que tu sauras lire, je t'apprendrai à parler aux filles, dis-je.
Mais, au fond de moi je réprime un sourire. 









 
  • Trente mille créatures inquiétantes surgies de la mer : les Alphas. Veulent-elles nous envahir ou fuient-elles un danger terrifiant ?
  • Lyric, une humaine, et Fathom, le prince des Alphas, doivent absolument s'entendre pour sauver l'humanité.



Michael Buckley a grandi dans l'Ohio et après ses études, il est parti pour New York dans le but avoué de faire fortune. Il a surtout trouvé du travail comme cuistot, serveur ou chanteur dans un groupe punk... Après avoir participé pendant dix ans à la production de programmes télé pour enfants, l'auteur réalise enfin son rêve : écrire des livres. 

 
    - Lecture finie -
Un coup de cœur. Et je dirais même qu'il est un coup de cœur qui me fait du bien.
Pourquoi ?
Essentiellement parce que l'auteur nous propose une histoire qui ne ressemble à aucune autre. On est embarqué dans un voyage où la destination nous est complètement inconnue mais le talent de Michael Buckley nous le fait vraiment apprécié. N'est-ce pas l'un des buts de la lecture ? Partir pour un voyage inconnu...

Les personnages sont vraiment maîtrisés et ils ont un charisme fou. Je suis tombée sour le charme de Lyric , Fathom, Bex, Shadow...Ils m'ont tous convaincu . Un zéro faute de ce côté-là. Le tout est servi par une histoire vraiment captivante. Notamment grâce à la construction du récit tout en crescendo. Attention les derniers pages sont à dévoré d'un coup sous peine d'intense frustration.

C'est ce qu'on recherche en priorité dans un livre : des personnages marquants, une histoire captivante. Après c'est un livre qu'on peut décortiquer si on veut dépasser le moment de grand spectacle. On peut aussi voir les notions de tolérance et d'intolérance qui mène à des conflits violents. Le racisme (humain/alpha) est aussi très présent et très bien traité. Il n'y a pas de parti pris manichéen. L'auteur montre de façon distancée toute la méchanceté et la bêtise qui doivent l'alimenter cette haine de l'autre. Michael Buckley pointe aussi le doigt sur la violence inhérente au système éducatif américain. Je pense qu'ici la fiction se nourrit malheureusement d'une réalité …

Tout ça c'est dans un deuxième temps car e but ultime du livre est d'être « grand spectacle », comme je vous le disais. On en prend « plein les yeux ».

Le livre appartient à une trilogie. Le deuxième tome est sortie en début d'année au Etats-Unis mais pas encore de date pour la France, mais sachez que je l’achèterai les yeux fermés dès sa parution. Seul bémol du livre, sa couverture. Elle dessert l'histoire et n'est pas du tout à son image.

Hormis cela, un livre génial que j'ai dé-vo- ré !


Il me fait face.
— Tu es fâchée contre moi.
« Très bien. Puisque tu y tiens, parlons-en. »
— Ce n’étaient que des gamins.
— Ils avaient mon âge, rétorque-t-il. Certains étaient plus vieux. Et ils nous menaçaient avec des armes.
— Tu es plus fort et plus rapide qu’eux. Et tu as des épées dans les bras.
— Ce ne sont pas des épées.
— D’accord, ce sont des lames pointues et acérées capables de trancher la main d’un homme. Tu aurais pu retenir tes coups.
— Je l’ai fait, siffle-t-il. Ils sont encore en vie, non ? Et laisse-moi te rappeler qu’eux aussi avaient une arme tranchante et pointue.
— N’en parlons plus, dis-je en reprenant ma chirurgie de fortune. Nous sommes différents, c’est tout.
— Oui, nous sommes différents, confirme-t-il. Malgré tous tes efforts pour me changer.
— Te changer ?
— N’est-ce pas ce que Doyle t’a demandé ? De me transformer en humain ? De faire de moi quelqu’un qui recule devant un défi ? Tu peux lui dire que c’est raté.
— Je l’ai déjà fait. Il va t’attribuer un autre binôme, ça marchera peut-être mieux.
Il pivote face à moi, le regard meurtri. Comme si je venais de le gifler.
« Il tient à moi. »
Si c’est vrai, je dois quitter cette salle tout de suite. Ma liste ne fonctionne que s’il n’a pas de sentiments pour moi. Sinon, je serai incapable de me retenir. Je me tourne pour sortir mais il me retient par le bras.
— Je…
— Lâche-moi, dis-je en fixant la porte.
— Attends.
Je le supplie :
— S’il te plaît, laisse-moi partir.
— Je ne peux pas, Lyric Walker.
Soudain, il me fait tourner comme une toupie et me pousse contre le mur. Ses mains se glissent au creux de mon dos et me plaquent contre lui. J’ouvre la bouche, surprise, et il colle ses lèvres sur les miennes. Ses baisers sont fougueux, voraces. On ne m’avait encore jamais embrassée comme ça. J’ai la sensation d’être fauchée par une lame de fond, happée, aspirée dans un tourbillon de désir. J’ai peur, non parce qu’il me serre à m’étouffer mais parce que je l’embrasse avec la même violence. Nous chancelons, pressés l’un contre l’autre comme deux aimants. Et tout autour de moi je sens le monde changer, se transformer en une chose que je ne reconnaîtrai pas quand je rouvrirai les yeux. Le sol sera en haut, le ciel en bas, et plus rien n’aura de sens. Quand nous sortirons de cette salle, tout le monde saura ce que nous venons de faire. On ne peut pas embrasser quelqu’un de cette manière et espérer que personne ne verra rien. Mais je m’en fiche. Je veux me noyer dans ses bras.
Un léger bourdonnement mécanique me fait ouvrir les yeux. La caméra fixée au plafond se tourne lentement pour focaliser sa lentille noire sur nous. Prise de panique, je me détache de Fathom avec l’impression qu’on m’arrache la peau.
— La caméra.
Il lève la tête vers elle et fronce les sourcils.
— Ils nous surveillent.
— On ne peut pas faire ça, dis-je, hors d’haleine.
— Il le fallait. Juste une fois, avant que…
— Avant que quoi ?
Il m’adresse un regard peiné, puis sort sans ajouter un mot, me laissant seule et tremblante comme une feuille. J’essaie de recouvrer mon sang-froid mais chaque fibre de mon corps le réclame à grands cris, exige une autre dose. Mon cœur bat à tout rompre, j’ai mal.
Bonnie passe la tête à l’intérieur.
— C’est une première.
Je la regarde, hébétée, avant de comprendre qu’elle plaisante. C’est Fathom qui a quitté la salle en premier cette fois.

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