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mercredi 17 juin 2015

Beautiful Bastard Tome 4 : Beautiful Secret de Christina Lauren





Je ne dis pas que sa bite doit être énorme. Mais…
– Pippa !
Je me cache le visage entre les mains. Il est 7 heures 30, un jeudi matin, nom de Dieu ! Elle ne peut pas être déjà ivre !







On y retrouve Bennett et Chloé (le couple emblématique de Beautiful Bastard), et leurs amis. Prolongeant l'aventure de tous les personnages, la particularité de Beautiful Secret et Beautiful Beloved est de croiser les personnages des deux séries : Beautiful & Wild Seasons.

Lorsque Niall, le frère de Max (héros de Beautiful Stranger, le bad boy anglais de la finance et séducteur notoire à Wall Street) vit pour la première fois une passion dévorante. Il traverse New-York de long en large pour concrétiser sa course à l'amour et à la luxure à travers Big Apple ! Il peut compter dans sa démarche sur l'aide de son frère et de ses amis.



 

Lecture finie
 

Une suite qui n'est malheureusement pas à la hauteur des autres tomes malgré cependant de bons atouts.

Les points forts

Des personnages qui promettaient des étincelles. Niall Stella est le petit frère de Max, le héros de beautiful player que j'avais beaucoup aimé. Dans le deuxième tome, Max s’amusait à jouer les voyeurs pour notre plus grand plaisir. Son frère est juste son opposé. On a un cliché du so british but so sexy. Le bon fils de famille très strict comme on imagine l'anglais typique. Guindé, tiré à quatre épingles avec jamais un mot de travers. Alors, dit comme ça monsieur ne fait pas rêver mais il est décrit aussi via le regard de sa Dulciné. Ruby. Jeune américaine stagiaire dans la boîte de Niall, elle fantasme sur lui depuis plusieurs semaines voir plusieurs mois. Ça nous permet de voir que derrière ses allures impeccables se cachent un homme au physique incroyablement sexy.
J'ai beaucoup aimé ce personnage un brin atypique puisqu'il apparaît vieux jeux, coincé, (trop) sérieux... Il est du genre à ne pas vouloir coucher le premier soir. Rassurez-vous c'est Christina lauren donc c'est quand même loin d'être soft.

L'héroïne est plus ambivalente. Au début j'ai bien apprécié le côté jeune fille en fleur qui tombe éperdument amoureuse du bel anglais qui ne la remarque même pas. Sauf que l'évolution de son personnage m'a moins emballée.

Le style est toujours aussi bon. On lit sans même s'en rendre compte. Et malgré une histoire qui traîne un peu en longueur, le style permet toujours de passer un bon moment.

Les points faibles

Comme je le disais plus haut , je n'ai pas trop adhéré à l'évolution des personnages. Notamment celui de Ruby qui apparaît assez fleur bleue au début du récit et qui (attention les yeux) lors de leur première soirée se masturbe devant son bellâtre qui refuse de consommer le premier soir. Qu'importe , Ruby nous la joue dévergondée...et pas qu'un peu. Alors ce n'est pas la scène qui me gêne mais ça m'a semblé incohérent avec la vision que j'avais de l'héroïne. Pendant des mois, elle ose à peine le regarder dans les yeux et lors de leur « première fois » , elle se comporte comme une actrice porno...


Il y avait des personnages intéressants mais au final j'ai trouvé que le traitement qui en était fait rendait le récit assez plat. Il manquait de piquant. Ce petit plus qui m'avait fait adorer les trois premiers tomes.

Bref

J'aime beaucoup ce duo d'auteures qui se complètent à merveille et donnent une écriture gourmande, addictive, sensuelle et drôle...seulement ce quatrième tome même s'il n'est pas mauvais est loin d'égaler les trois premiers.





Lentement, il reprend sa respiration et glisse paresseusement en moi tout en m’embrassant.
– C’était tellement bon, putain.
J’acquiesce en marmonnant des paroles inintelligibles.
– Ça t’appartient, tu sais ?
Je cligne des yeux.
– Quoi ?
– Mon cœur bien sûr, mais aussi mon corps. (Il lutte pour reprendre son souffle.) Mes mains, mes lèvres, mon sexe. Je t’offre tout.
Ma poitrine se contracte, je respire plus difficilement. C’est encore plus intime que de l’entendre jouir. Il parle si directement, ses mots sont si crus.
– J’aime que tu te serves de moi.




Lui aussi, il se penche. Nos mouvements discrets réduisent l’espace entre nous. Son nez effleure le mien, je regarde ses cils, sens son haleine sur mes lèvres. Je ferme les yeux, j’ai l’impression que cet instant changera ma vie à jamais.
– Tu vas m’embrasser ? je demande, surprise par mon audace.
Son torse est collé contre ma poitrine, mais il ne fait pas ce à quoi je m’attends. Il s’écarte juste assez pour me regarder dans les yeux.
– J’ai peur de ne pas être capable de m’arrêter, murmure-t-il.
À l’aide ! Ce n’est pas un entraînement.
– Je n’ai peut-être pas envie que tu arrêtes. (Il lève les sourcils mais attend que je continue. Je ne suis pas certaine d’en être capable.) J’ai imaginé ce moment précis tant de fois. Ce que je dirais, ce que je ferais…
Il me dévisage.
– Ah bon ?
Je ferme les yeux en avouant :
– Depuis des mois.
Il hausse les sourcils, je continue :
– Je pensais que ça resterait un amour platonique. Je ne me suis jamais attendue à avoir l’occasion de te parler. Mais nous sommes ici, tous les deux, et j’aime flirter avec toi, mais je suis sur le point de perdre la tête.
Je lève les yeux, il me regarde, étonné. Ma bouche a sprinté très loin de mon cerveau, le laissant dans la poussière. Je ferme les yeux et grogne :
– Et maintenant, je t’ai mis mal à l’aise.
Le regard doux, il étudie mon expression.
– Non pas du tout. Vraiment pas. Mais je ne suis pas… habitué à ce genre de déclaration.
– Pas habitué à ce que les filles te déclarent leur flamme ? (J’essaie de rire, un petit rire léger mais c’est plutôt un aboiement.) J’ai du mal à te croire.
– Eh bien. (Il hausse les épaules, comme pour s’excuser.) C’est pourtant vrai. Portia est la seule femme avec qui… il n’y a jamais eu personne d’autre. Même en dehors du sommet et du fait que je te connais à peine… je me sens un peu désarmé.
Je le dévisage, bouche bée. Le corps de Niall Stella crie J’ai Couché avec Toutes les Filles de la Planète, et le voilà qui m’avoue qu’il n’a eu qu’une femme dans sa vie ? Pas de flirts de lycée. Pas de baises à l’université. Jamais une fille différente touts les soirs. Je suis sur le cul.
Mes synapses se réorganisent lentement.
– Donc, tu comprendras (il parle avec un petit sourire) que si je te plais, tu devras tout reprendre du début, parce que je suis une terre vierge.
À cet instant, je m’attends à ce qu’il me regarde dans les yeux, me prenne la main, la serre, n’importe quel réflexe humain qui aurait semblé naturel sur le moment. Un signe pour m’assurer que je n’ai pas tout imaginé. Mais il se tourne vers son bureau et commence à lire un rapport. Je marmonne que j’ai besoin de passer aux toilettes, et je m’éloigne.



Extrait trouvé sur booknode.com

Je ne dis pas que sa bite doit être énorme. Mais…
– Pippa !
Je me cache le visage entre les mains. Il est 7 heures 30, un jeudi matin, nom de Dieu ! Elle ne peut pas être déjà ivre !
J’adresse un sourire contrit au type qui se trouve avec nous dans l’ascenseur. Ses yeux sont écarquillés. J’aimerais faire accélérer la cabine par la force de mon esprit.
Je lance un regard noir à Pippa. Elle articule :
– Quoi ? (Sans se laisser démonter, elle écarte ses deux index d’une trentaine de centimètres.) Mais il doit être monté comme un cheval, putain !
Au troisième étage, les portes s’ouvrent et nous sortons, ce qui m’évite d’avoir à m’excuser.
– On n’était pas seules, tu t’en es rendu compte ?
Je la suis dans le couloir, m’arrête devant les portes transparentes sur lesquelles le nom Richardson-Corbett est gravé.
Elle cherche les clefs dans son énorme sac à main jaune pétant, recouvert de clous métalliques brillants, puis lève les yeux. Les breloques de ses bracelets tintent comme un carillon. Dans la lumière fluorescente, ses longs cheveux rouges flamboient comme des néons.
Avec ma chevelure blond foncé, mes vêtements ordinaires et mon sac en bandoulière beige, je fais pâle figure à côté d’elle.
Ah bon ?
Non ! Il y avait un mec qui travaille à la compta juste en face de toi. Je dois m’y rendre tout à l’heure, alors merci, il n’aura qu’à me regarder pour entendre résonner le mot bite dans sa tête.
J’ai aussi dit « monté comme un cheval ». (Elle esquisse une grimace coupable avant de se concentrer à nouveau sur son sac.) Les mecs de la compta ont besoin de se décoincer, ça ne leur fera pas de mal. (Elle poursuit, en faisant un geste théâtral vers le bureau encore plongé dans l’obscurité.) Nous sommes assez seules pour toi, là ?
Je fais une révérence moqueuse à Pippa.
Je vous en prie, parlez, Madame.
Les sourcils froncés, elle acquiesce.
Ce que je veux dire, c’est qu’en toute logique, elle doit être énorme.
Je répète, en ravalant un sourire :
En toute logique.
Mon cœur bat toujours plus vite quand on parle de lui. Discuter de la taille de sa bite n’arrange rien… C’en est fini pour moi.Victorieuse, Pippa brandit les clefs du bureau et introduit la plus grande dans la serrure.
Ruby, tu as vu ses doigts ? Ses pieds ? Sans parler du fait qu’il fait plus de deux mètres de haut !
Un mètre quatre-vingt-dix. Et la taille des mains, ça ne veut rien dire. (Nous fermons la porte derrière nous et allumons la lumière.) Beaucoup de mecs ont de grandes mains mais sont mal lotis au niveau de…
L’espace des stagiaires se trouve au fond des bureaux de Richardson-Corbett Consulting, l’une des plus importantes et prestigieuses entreprises européennes de consulting en construction.
Je passe plus de temps ici, à travailler, que chez moi, dans mon minuscule appartement londonien. Mes efforts semblent porter leurs fruits : après trois mois de dur labeur, une plaque de métal a remplacé l’étiquette scotchée portant le nom Ruby Miller. J’ai même troqué mon minuscule bureau du quatrième étage contre un autre, plus spacieux, situé dans l’immense open space du troisième.
J’ai toujours des facilités à l’école. Les classes se sont succédé sans effort au lycée, j’ai survécu à la licence avec seulement quelques crises d’angoisse. Mais depuis que je me confronte aux ingénieurs les plus doués d’Angleterre, la donne a changé. Je n’ai jamais travaillé aussi dur de ma vie. Si je continue sur ma lancée, je dégotterai une place à Oxford dans le
master de mes rêves. Bien sûr, continuer sur ma lancée signifie ne pas parler des bites des seniors dans l’ascenseur…
Mais Pippa n’en a manifestement pas fini.
Je crois avoir lu que la taille de la bite correspond à la longueur du majeur au poignet, ajoute-t-elle en utilisant ses doigts pour mesurer sa propre main. Si c’est vrai, l’homme de tes rêves doit être avantagé de sa personne…
Je soupire en accrochant mon manteau derrière la porte.
Sûrement…
Pippa jette son sac sur sa chaise et me lance un regard de connaisseur :
Tes efforts pour avoir l’air indifférente sont courageux, mais tu ne m’auras pas. Comme si tu ne matais pas son sexe chaque fois que tu les croises !
Je m’efforce de prendre une expression indignée et de trouver un contre-argument.
Rien. Ces six derniers mois, j’ai lancé tant de regards amoureux en direction de Niall Stella que je pourrais me
spécialiser dans la topographie de son entrejambe.
Je range mon sac dans le tiroir du bas de mon bureau et le referme avec un soupir résigné. Apparemment, mes coups d’œil discrets n’ont pas été aussi discrets que je l’imaginais.
Malheureusement, je pense que son sexe ne s’approchera jamais de moi.
Si tu ne lui adresses jamais la parole, ça ne risque pas. Franchement, si j’avais la moindre opportunité de choper le type des Ressources humaines, je n’hésiterais pas. Tu devrais au moins oser parler à M. Stella, Ruby. (Je secoue la tête, elle m’envoie son écharpe au visage.) Considère qu’il s’agit de travaux pratiques pour ton cours d’Intégrité structurelle. Dis-lui
que tu as besoin de tester la résistance à l’extension de sa poutre métallique.
J’éclate de rire et grogne :
Je ne crois pas, non.
Ethan, dans le département des contrats alors. Il est petit, mais il est bien foutu. Et tu l’as vu faire ce truc avec sa
langue au pub ?
Mon Dieu, non. (Je m’assois sous son regard inquisiteur.) On peut arrêter maintenant ? J’ai un faible pour quelqu’un,
ce n’est pas la fin du monde. Je sors parfois.
Elle soupire.
Ne te méprends pas. Stella est sexy comme un diable, mais il est un peu guindé, non ?
Je caresse mon bureau.
J’aime ce côté chez lui. Il a l’air stable.
Coincé.
J’insiste :
Réservé. Comme s’il sortait d’un roman de Jane Austen. C’est M. Darcy.
J’espère qu’elle comprendra mieux avec un exemple.– Je ne comprends pas. Darcy est à la limite de l’impolitesse avec Elizabeth. Qui voudrait sortir avec un type aussi
torturé ?
Torturé ? Darcy ne la couvre pas de faux compliments ou d’éloges qui ne veulent rien dire. Quand il lui dit qu’il l’aime, il le pense au plus profond de lui-même.
Pippa s’affale sur sa chaise et allume son ordinateur.
Moi, j’adore flirter.
Mais on flirte avec tout le monde. Darcy est mal à l’aise en société, plein de mystère. Mais si tu conquiers son cœur, c’est pour toujours. S’il draguait un peu tout le monde, ça gâcherait le plaisir. (Je laisse échapper un soupir.) Ces mecs forts mais timides sont une race en voie d’extinction.
Mais l’idée de forcer le héros mélancolique à se déchaîner est tentante. L’imaginer avec moi, sans inhibition, plein de désir et de charme, m’empêche de réfléchir quand il se trouve à proximité.
Alors, bats-toi pour lui. Objectivement, il est sublime, et je suis sûre qu’il a plus d’un tour dans sa manche. Parle-lui,
oblige-le à sortir de sa carapace. Tu as des mois devant toi avant de recommencer les cours. La vie est courte, vis-la à fond !
Le problème, c’est que je deviens stupide dès qu’il s’approche de moi.
Ça me fait du bien de parler de lui avec quelqu’un qui le côtoie, quelqu’un d’autre que London et Lola, qui sont à l’autre bout du monde.
Comment suis-je supposée avoir une conversation avec lui ? Je suis incapable de prononcer un mot en sa présence !
La semaine dernière, en réunion, Anthony m’a demandé de présenter des données que j’avais rassemblées pour le projet
Diamond Square, je défonçais tout… jusqu’à ce que je lève les yeux, il était juste derrière Anthony. Tu sais à quel point j’avais travaillé dur. Des semaines. Un regard de Niall Stella, et c’est l’hécatombe.
Je ne sais pas pourquoi, mais je n’arrive pas à l’appeler par son prénom. Impossible de dire Niall sans Stella, comme pour le Prince Harry ou Jésus-Christ.
Je me suis interrompue en plein milieu d’une phrase. Quand il s’approche, je me mets à bafouiller ou je deviens muette.
Pippa éclate de rire et plisse les yeux. Elle m’observe de haut en bas.
Tu es vraiment jolie aujourd’hui. (Elle se tait un moment.) Il y a une raison particulière ?
Non.
Je fais mine de vérifier les connexions derrière mon ordinateur.
Pippa attrape le calendrier et le scrute.
Tu sais, je viens de réaliser que nous étions jeudi. Tu es une petite menteuse ! Ça explique tes cheveux en bataille et ta petite jupe friponne.
Avec mes cheveux courts, j’ai l’air d’une sauvageonne ou d’une bonne sœur. Je n’ai pas beaucoup d’options.
Même si je ne veux pas l’admettre, j’ai passé beaucoup trop de temps à me préparer ce matin.
Quand j’ai obtenu ma licence, j’ai décidé de changer le cours de mon existence en acceptant un stage à Londres, dans l’espoir de dégoter une place dans un master d’Oxford. J’ai opté pour un changement radical. Je suis allée chez le coiffeur avec Lorelei et, pendant qu’on lui faisait un shampoing, j’ai demandé qu’on me coupe les cheveux : court derrière, au niveau des oreilles, avec une énorme frange que je porte sur le côté. C’est étrange comme une coupe de cheveux peut booster la
confiance de quelqu'un. Ça a été le cas pour moi.
Je me sens beaucoup plus sexy. Dangereuse…
C’est exactement ce dont j’ai besoin aujourd’hui. Parce que, comme Pippa l’a habilement remarqué, aujourd’hui nous sommes jeudi. Mon jour préféré de la semaine. Le jeudi, je le vois.À part ça, les jeudis n’ont vraiment rien de particulier. Aujourd’hui, j’ai tout un tas de choses inintéressantes à faire.
Arroser le petit ficus triste que Lola a insisté pour que je l’emporte à 9 000 kilomètres de San Diego. Imprimer les documents
pour une proposition d’achat et les envoyer par la poste. Sortir les poubelles du recyclage. Une vie glamour ! Mais mon
Outlook indique que comme tous les jeudis, il y a la réunion du groupe d’ingénieurs avec Anthony Smith. Pendant une heure, chaque semaine, je peux regarder Niall Stella, vice-président, directeur de la planification, et bordel, le mec le plus sexy du
monde !
Si seulement je pouvais l’ajouter à ma to-do list…
Une heure avec Niall Stella, c’est une bénédiction et une malédiction, parce que toutes les discussions des associés seniors et les projets de l’entreprise sont fascinants. J’ai vingt-trois ans, je ne suis plus une gamine. Je possède un diplôme
d’ingénieur, je pourrais être leur chef un jour. Mais seul cet homme a le pouvoir d’accaparer mon attention. C’est humiliant. Je
n’ai plus douze ans, je ne me laisse pas impressionner facilement et je fréquente des garçons. D’ailleurs, j’en fréquente beaucoup plus depuis que je suis à Londres à cause du… charme anglais. Sans commentaire.
Mais ce Britannique en particulier, malheureusement, est hors de portée. Presque littéralement : Niall Stella est grand, raffiné, avec ses cheveux châtains parfaitement ondulés, ses yeux bruns magnifiques, ses épaules larges et musclées. Son sourire est si ravageur que, lors des rares occasions où il l’affiche, toutes les filles du bureau oublient ce qu’elles voulaient
dire.
D’après les cancans du bureau, il a obtenu son diplôme avec quelques années d’avance, et c’est un dieu de l’urbanisme.
Je n’y croyais pas avant de commencer à travailler chez Richardson-Corbett, et de le voir donner son avis sur n’importe quelle règle de construction, ou sur la composition chimique des additifs du béton. Il a le dernier mot sur tous les projets. Un jeudi, à mon grand dam, il est même parti en pleine réunion parce qu’un chef de chantier affolé l’avait appelé. Un conducteur de travaux d’une autre entreprise avait mal lu les plans des fondations et avait demandé de couler le béton au mauvais endroit.
Rien ne se construit virtuellement à Londres sans que Niall Stella y jette un coup d’œil, de près ou de loin.
Il prend son thé avec du lait, sans sucre. Le lait avant le thé, dans la tasse. Au troisième étage, son bureau est immense.
Même s’il n’a jamais le temps de regarder la télé, il soutient les Leeds United. Né à Leeds, il a étudié à Cambridge, puis à Oxford, et vit à Londres. Entre-temps, l’accent de Niall Stella est devenu snob.
J’oubliais : récemment divorcé. J’ai cru que j’allais m’étouffer en apprenant la nouvelle.
Libre.
Nombre de fois où Niall Stella m’a jeté un coup d’œil pendant les réunions du jeudi ? Douze. Nombre de
conversations ? Quatre. Nombre de conversations dont il est susceptible de se souvenir ? Aucune. Je lutte contre mon coup de foudre pour Niall Stella depuis six mois, et je suis certaine qu’il ne sait même pas que je travaille dans son entreprise. Il me prend peut-être pour la fille qui livre du chinois.
À ma grande surprise, il n’est pas encore là. Parce qu’en règle générale, il est toujours le premier arrivé. J’ai jeté un coup d’œil plusieurs fois, en me tordant le cou, pour le chercher parmi tous mes collègues à l’œil morne qui entrent dans la salle de conférences.
Cette salle comporte un mur de fenêtres qui donne sur la rue, toujours animée. Ce matin, il ne pleuvait pas quand je suis arrivée au bureau. Pourtant, comme quasiment tous les jours ici, le ciel est lourd de nuages et la pluie menace. C’est le genre de pluie qui ressemble à un brouillard mouillé, mais j’ai appris à ne plus me laisser avoir : en trois minutes dehors, je suis
trempée. Même si j’ai grandi dans un État plus pluvieux que la Californie du Sud, je n’aurais jamais pu imaginer que Londres, entre octobre et avril, serait aussi humide. C’est comme si un nuage permanent entourait mon corps et me mouillait de l’intérieur.
Le printemps commence tout juste à Londres, mais la petite cour de l’autre côté de Southmark Street est toujours aussi vide que lugubre. On m’a raconté que, l’été, les chaises roses et les petites tables du restaurant mitoyen l’envahissent.
Aujourd’hui, on ne voit que du béton, des branches nues, des feuilles marron trempées éparpillées sur le sol désolé.
Autour de moi, les gens se plaignent du temps en allumant leur ordinateur portable et en finissant leur thé. Je détourne mon regard des fenêtres et fixe les dernières personnes qui se hâtent d’entrer. Tout le monde a envie d’arriver avant Anthony
Smith – mon boss, le directeur d’exploitation de l’entreprise – qui descend du sixième étage.Anthony… Bon, d’accord, c’est un peu un connard. Il mate les stagiaires, aime s’écouter parler et n’a jamais l’air
sincère. Tous les jeudis matin, il se plaît à critiquer la dernière personne qui entre, avec une remarque acerbe sur ses vêtements, sa coiffure, pendant que le reste de la salle écoute en silence. Tellement humiliant.
La porte s’ouvre en grinçant. Emma. Emma s’attarde, tient la porte pour quelqu’un. Ah, Karen.
Des voix résonnent dans le couloir et approchent. Victoria et John.
Et le voilà.
Pippa murmure à côté de moi :
Que la fête commence…
Je distingue le sommet de la tête de Niall Stella, qui entre juste après Anthony. J’ai l’impression que l’oxygène me manque. Les chuchotements s’assourdissent soudain, et le voilà, avec son air discret. Très naturellement, il jette un coup d’œil circulaire pour déterminer qui est là et qui manque. Son costume noir lui va parfaitement, il plonge une main dans la poche de son pantalon.
Je sens ma gorge se serrer.
Niall Stella est le genre de mec qu’on remarque dès qu’il entre dans une pièce. Non pas parce qu’il parle fort ou qu’il fait de grands gestes. C’est justement tout le contraire. Il dégage une assurance tranquille, son allure impose le respect, donne envie de l’écouter ; on sent que lorsqu’il ne parle pas, il regarde et remarque tout le monde.
Tout le monde sauf moi.
Je suis issue d’une famille de psychologues qui analysent tout, donc je n’ai jamais été du genre à rester silencieuse. Le fait que je sois incapable d’émettre le moindre son en sa présence n’a vraiment aucun sens. Je ressens pour lui une sorte de passion.
Il n’a même pas besoin de venir aux réunions du jeudi, mais il est toujours présent car il veut s’assurer qu’une bonne
entente règne entre les départements, que sa planification stratégique « soit compréhensible par tous, clairement exprimée ».
Niall Stella doit coordonner les pratiques de l’entreprise avec les politiques publiques et sa propre planification stratégique.
Non, je n’ai pas retenu tout ce qu’il a dit pendant les réunions.
Aujourd’hui, il porte une chemise bleu ciel avec un costume noir. Sa cravate est jaune et bleu, mes yeux sont attirés par son double nœud, par sa pomme d’Adam bien dessinée, sa mâchoire carrée. Sa bouche impassible est pincée, il a l’ai consterné. Je lève les yeux jusqu’aux siens… et remarque avec horreur qu’il me regarde le dévorer du regard comme si je n’étais là que pour ça.











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